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L’agilité mentale et la concentration requises pour faire de l’interprétation simultanée peuvent sembler écrasantes pour ceux qui ne s’y sont jamais essayés, et cela avec raison. Le niveau de stress ressentis par les interprètes simultanés pendant leur travail est comparable à celui des contrôleurs aériens, ce qui n’est certes pas un métier facile non plus.

Même si en théorie l’interprétation est similaire à la traduction, interpréter diffère grandement de traduire par le fait que l’acte durant moins longtemps, la pression est supérieure. La traduction est par nature basée sur l’acte d’écrire en tant que tel ; tandis qu’interpréter est semblable à jouer sur scène tout en faisant constamment attention à la durée et à la clarté du message. L’interprétation est donc vraiment un mélange de compétences sensorielles, motrices et cognitives travaillant à l’unisson et dans un but commun.

Pendant le processus d’interprétation, il n’y a pas qu’une seule aire du cerveau qui fait le travail. La rapidité des connexions neuronales est vraiment l’aspect le plus important de l’acte d’interprétation et pouvoir rester calme d’un bout à l’autre du processus est une qualité essentielle chez un interprète simultané.
Bien que de nombreuses aires du cerveau soient utilisées, le striatum (située dans la partie centre-droite du cerveau) a un rôle similaire à celui d’un chef d’orchestre en ce qui concerne le traitement de l’information et la réaction à celle-ci. Le striatum lui-même contient le putamen et le noyau caudé qui se chargent tous deux de l’apprentissage et de la mémoire. Le noyau caudé coordonne l’activité de différentes régions du cerveau et joue un rôle crucial dans la prise de décision. Savoir choisir le mot correct en un minimum de temps est une compétence essentielle chez les interprètes donc la souplesse neuronale et la rapidité du noyau caudé sont essentielles. Travaillant en collaboration avec le striatum, l’aire de Broca du cerveau contribue à la production langagière et à la mémoire de travail, qui se différencie de la mémoire à court terme par le fait qu’elle puisse manipuler et organiser des informations temporaires.

"L’un des casse-têtes les plus difficiles auxquels les interprètes doivent se confronter est l’usage de l’humour entre les différentes langues."

Les jeux de mots, le sarcasme et l’ironie sont tous des obstacles pour les interprètes parce qu’ils sont fréquemment intraduisibles. Tout comme certaines conjugaisons verbales peuvent exister dans une langue et pas dans une autre, les formes d’humour peuvent sembler toutes aussi incompréhensibles pour quelqu’un d’une culture différente.
Le sarcasme, par exemple, est culturellement considéré comme inapproprié dans le contexte des affaires par les personnes de culture japonaise et arabe.
Vu que l’interprète ne rédige évidemment pas le discours et n’essaie pas non plus d’ajouter des petites touches d’humour pour faire rire son auditoire, quand il se retrouve confronté à un commentaire sarcastique inattendu dit dans le feu de l’action, cela peut le bloquer ou lui faire totalement mal interpréter le message dans son ensemble.

Interprétation cabine

En fin de compte, les interprètes traduisent des messages et pas juste simplement des mots. La complexité et la nouveauté des messages à interpréter créent pour les interprètes simultanés une charge de travail qui change constamment et c’est pourquoi leurs esprits doivent toujours être aiguisés, calmes et flexibles.#

Traduction du billet original en anglais de U.S. Language Solutions par Laura.